12 février 2019
Temps de lecture: 5 min.
Partager

Quatre principaux modes de production durable 

1. La viticulture raisonnée

En autorisant le recours aux intrants chimiques uniquement lorsque cela est estimé nécessaire, elle a permis de faire baisser de manière significative le volume de produits phytosanitaires utilisés. Elle implique une exigence de traçabilité induisant une transparence totale concernant l’utilisation de ces intrants.

  • Étiquetage : la production raisonnée ne bénéficie pas de label spécifique.
  • Dose maximale de sulfites autorisée : 150 mg/l pour les vins rouges, 200 mg/l pour les blancs et rosés, 235 mg/l pour les effervescents, 200 mg/l pour les vins de liqueur et vins doux naturels, 300 mg/l pour les moelleux et 400 mg/l pour les liquoreux.

 

2. La viticulture intégrée

Plus radicale que la viticulture raisonnée, elle préconise notamment des méthodes culturales préventives couplées à des moyens de lutte biologiques. Elle regroupe une combinaison de mesures biologiques, biotechnologiques et culturales, avec un emploi limité des produits phytosanitaires pour contrôler la lutte contre les nuisibles.

  • Étiquetage : la production intégrée ne bénéficie pas de label spécifique.
  • Dose maximale de sulfites autorisée : identique à la viticulture raisonnée.

 

3. La viticulture biologique

Elle préserve l’écosystème et la fertilité des sols en privilégiant l’utilisation de produits exempts de molécules organiques de synthèse (cuivre, soufre, insecticides d’origine végétale).

Étiquetage :
Le viticulteur doit obligatoirement afficher le label européen (une feuille formée par des étoiles), il peut ensuite choisir d’ajouter le label français. Il est également possible d’afficher la mention « En conversion vers l’agriculture biologique ».

AB (Agriculture biologique), le label français, impose notamment trois années de conversion, soit la période de transition entre la viticulture conventionnelle et la possibilité de certifier ses produits sous label AB.

  • Dose maximale de sulfites autorisée : 100 mg/l pour les vins rouges, 150 mg/l pour les blancs et rosés, 205 mg/l pour les effervescents, 170 mg/l pour les vins de liqueur et vins doux naturels, 270 mg/l pour les moelleux et 370 mg/l pour les liquoreux

 

4. La viticulture biodynamique

Elle vise à dynamiser et intensifier la vie organique grâce à l’application de préparations composées de matières végétales (tisanes), animales (bouse) et minérales (quartz) en prenant en compte les forces terrestres et célestes.

  • Étiquetage :

Comme pour les vins biologiques, la mention du label biologique européen est obligatoire, elle est accompagnée de l’une des deux certifications (Biodyvin ou Demeter) avec, éventuellement, l’appellation « biodynamique ».

Biodyvin garantit une production à partir de raisins biodynamiques homologués par Ecocert.

Demeter implique une récolte manuelle et un collage biodynamique, et autorise certaines filtrations. Plus stricte que Biodyvin, la certification Demeter est synonyme d’une réduction de moitié des quantités de cuivre et de soufre utilisées en comparaison du biologique.

  • Dose maximale de sulfites autorisée : 70 mg/l pour les vins rouges, 90 mg/l pour les blancs et rosés, 60 mg/l pour les effervescents, 80 mg/l pour les vins de liqueur et vins doux naturels et 200 mg/l pour les moelleux et liquoreux.

 

Hors réglementation, les vins dits « naturels »

Connaissant un succès grandissant, les vins dits « naturels » sont faiblement dosés en sulfites1 ou sans sulfite ajouté. Il n’existe cependant pas de réglementation officielle, et chaque association est libre d’appliquer ses propres règles.

De son côté, l’Association des vins naturels (AVN) milite pour l’obtention d’une reconnaissance légale et a créé un cahier des charges pour ses adhérents. Celui-ci autorise uniquement les levures indigènes lors de la vinification, interdit les pratiques considérées comme brutales, telles que l’osmose inverse, la flash pasteurisation ou la thermovinification, ainsi que l’ajout de sulfites ou intrants. Récemment porté devant le comité des vins d’appellation de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao), le projet n’a pas pu obtenir le cadre légal demandé.

 

Les démarches de certification

Pour faire reconnaître l’engagement de leur exploitation, les professionnels de la filière peuvent participer à plusieurs programmes de « certification environnementale ».

 

  • Les certifications visibles sur la bouteille :

HVE (Haute Valeur Environnementale), qui est intrinsèquement liée au SME (ci-dessous), fixe des objectifs de résultats avec des indicateurs évaluant la performance environnementale des propriétés viticoles sur la biodiversité, les enjeux phytosanitaires et la fertilisation ;

Terra Vitis : la protection des ressources naturelles est l’enjeu majeur de cette certification qui est la seule à garantir une viticulture raisonnée.

 

  • Les autres certifications existantes mais non visibles sur la bouteille :

Système de Management Environnemental (SME) des vins de Bordeaux , un système certifié ISO 14001 qui permet d’évaluer et d’améliorer les performances environnementales, de la consommation d’énergie aux conditions de travail des salariés. Il a déjà conquis 773 entreprises bordelaises ;

Agriconfiance, qui repose sur une utilisation limitée d’intrants, une gestion des déchets régulée et la maîtrise des ressources naturelles selon un cahier des charges spécifique ;

 

RSE Agro (précédemment 3D_Destination Développement Durable), un programme ayant pour vocation d’aider les sociétés à emprunter la voie du développement durable et à les faire progresser dans cette démarche ;

 

AREA (Agriculture Respectueuse de l’Environnement en Aquitaine), which supports winegrowers in integrating environmentally-friendly practices.

 

Bordeaux : la filière viticole s’engage !

Depuis déjà dix ans, le vignoble bordelais a mis en place des démarches collectives transversales en faveur de la protection de l’environnement, de la réduction de l’usage de produits phytosanitaires, de la concertation avec les riverains et de la lisibilité de l’offre. Un mouvement qui encourage également les actions individuelles et intègre les spécificités locales.

Une évolution profonde à laquelle ont également participé sept organismes de défense et de gestion (ODG) en votant ces derniers mois une modification de leur cahier des charges pour y intégrer des mesures agroenvironnementales. Parmi ces réglementations, on retrouve notamment l’interdiction des herbicides, l’introduction de cépages résistants ou l’obligation de s’engager dans une démarche de certification environnementale. Approuvées par l’Inao, ces dernières devraient voir le jour avant l’été et sont particulièrement représentatives de la volonté d’engagement du vignoble bordelais en faveur de l’environnement.

1 Certaines associations imposent une limite de 40 mg/l pour les vins blancs et 30 mg/l pour les rouges.

Derniers articles

X

Voulez-vous vraiment annuler votre cours?

Oui

Non

X

Voulez-vous vraiment annuler la session ?

Oui

Non

X

Êtes-vous sûr de vouloir clôturer votre cours?

Oui

No