Le 20 mars 2019
Temps de lecture: 3 min.
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Depuis deux ans, Fabrizio Bucella transmet aussi son savoir en tant que formateur accrédité de l’École du vin de Bordeaux. Rencontre avec un infatigable passeur d’émotions.

Quel a été votre parcours pour en arriver là aujourd’hui ?

« De longue date, j’ai deux passions : d’un côté la science dure, de l’autre la sommellerie et l’œnologie. J’ai vraiment découvert le vin lors d’un voyage d’études dans le vignoble bourguignon en classe de Terminale. Ensuite, j’ai obtenu un master en sciences physiques, puis un doctorat en sciences, pendant lequel j’ai parallèlement effectué une qualification de sommelier à l’Association italienne des sommeliers.

À cette époque, c’était assez amusant : mes amis de l’université trouvaient bizarre que je veuille aller servir des canons dans les bars et restos, et mes amis sommeliers trouvaient le milieu doctoral un peu étrange, car le monde de la sommellerie n’est pas forcément habitué à côtoyer un futur docteur en sciences ! »

 

De quand date votre histoire d’amour avec les vins de Bordeaux ?

« L’histoire d’amour a été immédiate, dès mes premiers cours d’œnologie lorsque j’avais 16 ans. En Belgique, il n’y a pas à discuter, Bordeaux est LA référence. Et puis j’ai toujours eu une passion pour l’histoire, donc le classement de 1855 a exercé sur moi une sorte de fascination. »

 

Quel est la valeur ajoutée de vos multiples casquettes sur votre façon d’enseigner pour l’École du Vin de Bordeaux ?

« Sur le fond, mon côté scientifique me fait sortir des explications traditionnelles pour donner aux lecteurs, auditeurs ou étudiants un éclairage qui n’est pas celui qu’ils retrouveront en tapant « vins de Bordeaux » sur Google. Sur la forme, j’amène une expérience acquise au fil de mes années d’enseignement. Dans toutes mes activités, mon fil conducteur a toujours été la transmission.

Fondamentalement, ce n’est pas la dégustation en tant que telle qui m’intéresse, mais le fait de transmettre une passion, de faire découvrir des sensations et de faire connaître une histoire en l’appuyant par un fondement scientifique. J’adore donner des cours et écrire. Les interrogations des lecteurs et étudiants me font me remettre moi-même en question et avancer. »

 

Selon vous, quelles sont les clés pour bien comprendre et bien apprendre les vins de Bordeaux ?

« Cette question est très pertinente et me renvoie à l’époque de mes 16 ans, quand j’essayais de trouver les clés pour apprendre le vin. Pour moi, il n’y a pas une clé universelle, sinon elle serait déjà sur Internet, mais beaucoup de clés, comme le millésime, les cépages, les régions… Il faut savoir trouver, selon le canal utilisé, à l’oral ou à l’écrit, et selon celui qui le reçoit, étudiant ou lecteur, la clé qui l’intéresse lui, personnellement.

Une personne qui déguste n’est pas une autre, et je ne suis pas dans leur tête. Le pédagogue doit savoir rester humble pour suggérer sans imposer, proposer, ne pas négliger. Comme un archéologue, il doit procéder par couches successives, donner la palette des interprétations possibles et clés des vins de Bordeaux, jusqu’à ce que son interlocuteur entre en résonance avec l’une des clés.

Ensuite, le travail personnel, les explorations et dégustations lui permettront d’approfondir cette ou ces clés. »


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Sa formation la plus dispensée : accords vins et mets

Sa formation préférée : l’histoire des vins de bordeaux

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